Expérimentation animale

QUE DIT LA LOI ?

La directive européenne 2010/63/EU, que chaque pays de l’UE doit transposer dans sa législation nationale, date de 2010 et régit l’expérimentation animale. Elle impose aux états membres de décliner la règle des 3 R (réduire, raffiner, remplacer). Cette directive, peu appliquée, devait être réexaminée en novembre 2017, au plus tard.

Un mouvement citoyen veut profiter de ce nouveau débat pour remettre en question tout ou en partie de l’expérimentation animale compte tenu du respect dû aux autres animaux et pour les considérations éthiques que cette pratique soulève.

Plusieurs propositions ont été portées par des relais parlementaires devant la commission européenne, mais celle-ci fait la sourde oreille et se maintient dans un silence assourdissant.

 

Pour les cosmétiques

Il est interdit de tester sur les animaux, mais la plupart des grands producteurs utilisent des matières premières chimiques et sont ainsi soumis à la réglementation REACH, qui leur fait obligation de tester. Comme ces ingrédients sont très toxiques, les fabricants préfèrent avoir recours au modèle animal, qui leur donne la possibilité de truquer les résultats obtenus et de minimiser les risques encourus par leur clientèle, tout en se protégeant des procès éventuels, puisqu’ils respectent le cahier de charges.

 

Pour les médicaments

Les tests sur animaux restent obligatoires, pourtant l’expérimentation animale est très dangereuse pour l’humain-e et les derniers scandales (Dépakine, Médiator, Vioxx, pilule Diane 35, hormones de croissance, Prozac) le prouvent bien. Le taux d’échec thérapeutique lors du passage de l’animal à l’humain-e oscille entre 80 et 99% et les effets secondaires des médicaments provoquent selon la revue scientifique « The Lancet » chaque année la mort prématurée de 197 000 Européen-ne-s.

Pourtant des méthodes substitutives fiables, rapides et peu chères, fondées sur les connaissances scientifiques les plus avancées et bien meilleures pour notre santé sont à notre disposition. Recherche in vitro, bio-ingénierie, recherche in silico ( par ordinateur) recherche sur tissus et organes prélevés lors d’opérations chirurgicales, imagerie médicale, analyses bibliographiques et données statistiques, organes sur puce (organisme humain artificiel complet)…

QU’EN EST-IL DE L’UTILISATION DES ANIMAUX À DES FINS SCIENTIFIQUES EN FRANCE ?

Selon les données d’enquête publiées sur le site du Ministère de la Recherche et de l’Innovation pour l’année 2016, on constate pour la seconde année consécutive que les chiffres sont en hausse.

Le nombre d’animaux « utilisés » à des fins scientifiques en France avait déjà considérablement augmenté entre 2014 et 2015 de 7,5%. En 2016, on atteint le nombre 1 918 481 avec une nouvelle hausse de 0,9% soit 17 020 animaux supplémentaires par rapport à 2015 comprenant des babouins, des chats, des moutons, des chiens, etc. Comme les années précédentes, ce sont les rongeurs qui paient le plus lourd tribu à la recherche, en nombre d’individus, et ce nombre ne cesse d’augmenter.

CE QUE CES CHIFFRES NE PRENNENT PAS EN COMPTE

  • Les animaux d’élevage présents dans les établissements utilisateurs (le nombre de ces animaux est par conséquent nettement minoré)
  • Les animaux entrant dans les procédures « en-dessous du seuil de contrainte », dont les animaux génétiquement altérés (AGA) qui ne présentent pas de phénotype dommageable
  • Les animaux euthanasiés selon les méthodes réglementaires pour le prélèvement d’organes ou de tissus à des fins de méthodes alternatives (ce nombre augmente de manière très importante pour « fournir » en tissus et organes les méthodes ex-vivo).

L’exploitation de ces animaux sert à satisfaire des obligations légales pour divers tests de contrôle de qualité, de toxicité, d’innocuité de produits qui se répartissent en plusieurs catégories (produits à usage médical humain, produits à usage médical vétérinaire, appareils médicaux, sécurité alimentaire, industrie chimique, protection des plantes, biocides,…)

La part la plus importante – soit 66% des animaux « utilisés » – revient aux tests des produits à usage médical humain. Vient ensuite, pour une part bien moindre, les tests des produits à usage médical vétérinaire qui « utilisent » 15% des animaux et les tests pour les appareils médicaux avec 13% des animaux.

Il est intéressant de noter que la part de l’industrie chimique (qui est souvent mise en cause pour les tests sur les animaux) ne représente que 3% des animaux « utilisés » à ces fins en 2016. On retrouve le même pourcentage de 3% pour les tests portant sur la sécurité alimentaire. On note aussi – en se référant aux années précédentes – que la part des tests portant sur des appareils médicaux s’accroit régulièrement : elle ne représentait que 1% en 2014, puis 7% en 2015 et 13% en 2016 (on est passé de 11 755 animaux « utilisés » à cette fin en 2014 à 66 213 animaux en 2016 soit presque 6 fois plus). Ce terme « appareils médicaux » s’applique aux prothèses de toutes sortes, aux organes artificiels… Marché en croissance constante.

Les souffrances et la mort de ces centaines de milliers d’animaux n’ont apporté aucune nouvelle connaissance sur le plan scientifique puisque nous ne sommes pas dans le cadre de la recherche mais dans le cadre d’évaluation de la toxicité, de l’innocuité et de la qualité de produits.

Il est impératif, concernant les obligations réglementaires listées ci-dessus, que les pouvoirs publics interviennent de toute urgence :

  • pour soutenir la recherche et le développement de méthodes substitutives n’incluant pas d’animaux
  • pour contrôler que les méthodes substitutives validées soient systématiquement appliquées
  • pour travailler à la mise en place au niveau européen d’une procédure efficace de validation des nouvelles méthodes et des nouveaux tests réglementaires.

C’est un domaine dans lequel les nouvelles approches (non-animales) pourraient trouver le plus rapidement un terrain d’application. Seul le manque de volonté politique explique que le remplacement des animaux autres qu’humains ne s’opère pas plus vite dans ce domaine.

 

Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter le site antidote-europe.org

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